La belle et la Bête, roman de Madame de Villeneuve et paru au XVIIIe siècle.

Résumé

La Belle et la Bête de Jean Cocteau 1946 (5)La Belle, nommée ainsi grâce à toutes ses qualités mais surtout pour à sa beauté, est la dernière née d’un riche marchand. Que dis-je « riche », il est désormais pauvre à cause de la malchance, et est aujourd’hui obligé de vivre dans une petite maison champêtre, éloignée du monde, avec ses 6 filles et ses 6 garçons. Les fils travaillent dur, et le père aussi, mais les filles n’ayant connus que l’argent, les belles étoffes et les pierreries, sont bien désolées de devoir vivre en paysannes. Seule la petite Belle reste souriante et douce dans ce malheur, ne se plaignant jamais du sort qui est le sien. Elle fait par ailleurs preuve d’une « force d’esprit qui n’est pas ordinaire à son sexe » ce qui la rend détestable aux yeux de ses sœurs.

Un jour, le père se perd dans la foret, et tombe sur un magnifique château que la neige elle-même semble avoir épargné et dans lequel il est reçu comme un prince un peu par magie. Le lendemain, après avoir remercié ses hôtes, et avoir pris congé, il tombe nez à nez avec une rose magnifique dans le jardin, et la cueille pour sa fille Belle (il lui avait promis). Ce geste marquera sa fin, puisqu’il déclenche ainsi la colère du monstre qui est le maitre des lieux. Il a le choix : ou il se fait dévorer, ou il ramène une de ses filles à l’horrible créature, mais attention, elle doit accepter de venir de son plein gré et en connaissance de cause. Mortifié, le père rentre chez lui, toujours aussi pauvre mais bien plus malheureux. Il raconte son sort à ses enfants et après bien des débats, la jeune Belle accepte de se rendre chez cette Bête pour sauver son père chéri acceptant de se laisser dévorer par elle. Il semble néanmoins que des surprises exotiques et incroyables attendent la courageuse Belle.

1 – Texte un peu bling bling

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Datant du XVIIIe siècle, il est évident et normal qu’il faut remettre dans son contexte l’écriture, mais ce n’est pas toujours facile pour nous, lecteurs de 2017 (et 2018, 2019…). Le texte est très orné. L’auteure prend grand plaisir à décrire les signes de richesses, ou de beautés, ce qui nous en met plein les mirettes avec « ce château si riant », cet « air doux et tempéré », cette « table si délicatement servie », ces « mets somptueusement apprêtés », ce « formidable hôte », ces « malheureux jours », ces « ajustements si superbes qu’une reine n’eût pu souhaiter rien de plus beau ni d’un meilleur goût »… Beaucoup, beaucoup de choses, avec plein, plein d’adjectifs. On a parfois un peu mal aux yeux, (et au ventre), devant tant de fastueuses scènes, et en même temps, c’est aussi une question de goût personnel.

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Et puisqu’elle adore écrire et lister tous les objets de richesses présents dans chaque pièce du château de la Bête, Madame de Villeneuve laisse parfois trainer son récit en longueur. Si on est content d’en savoir un peu plus sur l’histoire de notre héroïne Disney favorite, on ne peux s’empêcher de penser au fond que Madame Leprince de Beaumont (qui a repris le texte plus tard) n’a pas eu tord en coupant court à l’histoire (c’est d’ailleurs en faisant cela qu’elle a permis à l’œuvre de La Belle et la Bête de rester dans les annales et d’inspirer tant et tant par la suite). Dans la version originale, après la transformation de la Bête en magnifique prince (spoiler!), des révélations et explications inédites viennent s’ajouter au tableau, troublant un peu notre compréhension de l’histoire.

Beauty And Beast

3 – Morale discutable

Si la morale du Disney apparait assez évidemment (être gentil avec les autres malgré les apparences et tout) ici elle est plus… Ambiguë. L’auteure ne cesse de nous répéter comme la Belle se moque du superflu, mais elle est follement attirée par toutes les richesses que la Bête peut lui offrir. En plus, elle rêve d’un beau prince chaque nuit, et c’est bien de lui qu’elle tombe amoureuse, JAMAIS de la bête. Après, on nous dit que l’origine sociale ne fait pas tout, et que Belle possède tellement de qualités qu’elles remplacent facilement un titre de duchesse ou de princesse. Or, il se trouve qu’une certaine fée (oui, il y a des fées, et elles sont cools), nous dit que -BOUM- en fait, si, c’est pas mal d’être née princesse, et que ça donne d’emblée des qualités d’avoir un sang royal. On frôle toujours une morale super cool, et ça retombe comme un soufflé, mais bon, c’était peut-être pas facile à l’époque (je sais pas).

Pour finir

COUVJ’ai souvent eu l’impression que le récit se contredisait lui même, faisant des aller-retour incessants entre une affirmation et l’autre. On dirait une histoire racontée soir après soir à un enfant, brodant un peu pour faire se raccorder les éléments les uns aux autres quand on se rend compte qu’il faut que ce soit logique au bout d’un moment. Et encore, la version accessible aujourd’hui est corrigée. Mais même un peu maladroit, le récit marque tout de même le début d’un conte incroyable, histoire de base de notre enfance. Ça nous aura permis d’avoir aujourd’hui des dizaines de réécritures, réinventant toujours un peu l’histoire à chaque fois comme le film de Jean Cocteau (dont j’utilise les images pour l’article), le dessin animé Disney, et plus récemment, le film Disney avec Emma Watson (dont je parle ici), mais encore bien d’autres.

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La Belle et la Bête, à lire quand vous êtes un fan hardcore de La Belle et la Bête, pendant que vous êtes dans la salle d’attente de votre médecin toujours en retard de 2 heures (et que les magazines vous intéressent pas).

 

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