Rose et la maison du magicien (Holly Webb) : héroïne sympa, décors d’époque et quelques clichés.

Rose et la maison du magicien, est le premier livre d’une série de 4 romans écrits par Holly Webb en 2009.

Résumé

downton-abbeycuisiniereetcommisjpgRose est une orpheline de 10 ans (environ) ayant bien la tête sur les épaules et elle ne rêve pas de retrouver sa famille riche et aimante qui l’aurait perdue comme toutes les autres petites filles de l’orphelinat St Bridget. En fait, ayant été retrouvée dans un panier de pêches, elle est presque sûre que ses parents, pêcheurs, l’ont abandonnée faute d’avoir pêché assez de poissons cette année là. Non, son rêve à elle est bien concret : elle veut devenir femme de chambre, gagner ses gages et ainsi être libre. La chance lui sourit le jour où Miss Bridges, une dame portant un très beau chapeau, vient à l’orphelinat à la recherche (justement !) d’une femme de chambre. Sans surprise, c’est Rose qu’elle emporte avec elle, réalisant ainsi son rêve, FIN. Or, tout ne se passe pas comme prévu, et la petite bonne, bien que s’adaptant parfaitement à son nouvel habitat (la maison d’un célèbre magicien (justement !), se découvre une très grande sensibilité à la magie. Pire, elle démontre même de très grandes capacités à utiliser celle-ci, ce qu’elle ne désire surtout pas !

1- Une héroïne sympa et débrouillarde

commiseRose est amusante, et son ton bien raisonnable de petite fille pauvre de cette époque est frais. Elle a un caractère bien ancré dans sa réalité, pas rêveur pour un sou et, dans le début du récit surtout, tourne en dérision certains clichés propres aux romans de ce type. Par exemple, elle décrit tout d’abord son orphelinat comme horrible, avec plein de corvées à faire, et une humidité ambiante à toute épreuve, et notre esprit à tôt fait de broder autour de ça des araignées au plafond, des nonnes sévères et impitoyables, et des trucs glauques comme il faut, mais elle désamorce le tout en assurant que les enfants ne sont pas maltraités, loin de là, et que les lieux sont très propres. Plus loin, elle affirme même que St Bridget est un établissement « progressiste », puisqu’ils lui ont appris à lire. La manière qu’elle a d’être si heureuse du peu qu’elle possède en devenant femme de chambre est agréable à lire. Son regard sur la vie et les gens est chargé de la pauvreté de son enfance mais aussi d’une bonne dose d’intelligence et de recul.

2- Décors d’époques à astiquer

domestiques+maitresseLe récit nous envoie directement dans la maison d’un maitre, magicien qui plus est, dans laquelle on suit une femme de chambre entourée de valet, commis et gouvernante. Il y a des couverts en argent à astiquer, une étiquette à respecter, et les cheminées à allumer au petit matin. C’est vrai qu’avoir un aperçu de cette époque très souvent romancée et soumise aux fantasmes est toujours plaisant. C’est un peu édulcoré dans une version « pour enfant », mais pas tant que ça.

3- « Pour enfants » + trucs chelous + clichés

Et à propos du « pour enfant »Trop souvent, le texte répète en boucle des affirmations d’une manière lourde et inutile ou effectue des changements de point de vue d’une manière inattendue et maladroite qui coupe notre lecture. L’histoire est classique au possible, on la voit venir à des kilomètres, sans pour autant l’attendre et elle est parfois expédiée super rapidement (comme la situation initiale en seulement 11 pages). Les personnages, à part Rose qu’on suit de prêt, sont survolés, et on a du mal à s’y attacher tant ils sont superficiels. Même Rose change arbitrairement de point de vue d’une phrase à l’autre et ce jusqu’à la fin du roman ! Qui voudrait être une femme de chambre plutôt qu’une magicienne ? Dans l’histoire, rien n’explique à ce point l’entêtement de la fillette. Bon peut-être que des enfants prendront un grand plaisir à lire cette histoire, et j’aurais aussi adoré si le tout avait été raccourci et calé dans un « J’aime lire » avec des jolies illustrations. Ce n’est pas parce que c’est « pour enfant », que ça ne mérite pas un grand soin, au contraire même, eh oui madame, monsieur.

Un dernier mot

Si vous avez eu envie de lire ce livre pour ses grandes demeures avec escaliers réservés au personnel, et maitre incapable de s’habiller tout seul, je ne saurais que trop vous vous conseiller de regarder Downtown Abbey, série mettant en scène la vie d’une famille et de ses domestiques, passant d’un point de vu puis de l’autre, avec mariages arrangés, robes à froufrous, allumages de cheminées et économie des bouts de chandelles. Ce sont d’ailleurs des images de la série qui illustrent cet article puisque je n’ai pu m’empêcher d’y penser tout le long de ma lecture. Et pour ceux qui on eu envie de lire ce livre pour le côté magique et apprentissage de la magie, et tout, eh bien… Lisez Harry Potter.

femmes de chambre

Pour finir

imagesIl faut laisser l’enfant qui est en nous lire de temps en temps, c’est vrai. Cela dit, enfant ou pas, quand c’est mal fichu, on tique, on s’énerve, on râle (surtout quand on est grand maintenant, il faut l’avouer). Après, l’histoire se lit si on est très bon lecteur, et on se prend même d’affection pour Rose et ses pensées.

Rose et la maison du magicien : à lire quand vous aimez le rose et la magie (au moins, vous aurez une belle couverture rose dans votre bibliothèque).

 

1 Comment

  1. Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban (J.K. Rowling) : Il n’y a pas de hasard, Patmol je t’aime et roman jeunesse. – Lola partage des choses

    […] je considère que certains livres sont en effet pour un public jeune (voire très jeune, comme pour Rose et la maison du magicien) ici on limite totalement la portée du roman en le mettant dans cette case du « pour […]