Orgueil et Préjugés est un roman archi connu du moins de nom, écrit par la femme de lettre Jane Austen en 1796 et 1797 (il a connu de nombreuses réécritures, et je parle même pas de ses traductions).

Résumé

La famille Bennet (prononcer Bennète) qui nous intéresse dans cette histoire est composée de :

  • Mr Bennet et Mrs Bennet, les parents ;
  • puis de Jane Bennet, l’ainée;
  • ainsi que de Elizabeth Bennet de deux ans sa cadette ;
  • les trois plus jeunes sœurs : Mary, Kitty et Lydia suivent plus ou moins avec fracas.

Dans un monde où la femme n’a d’autre choix que d’épouser un homme pour exister Jane tombe amoureuse d’un gentleman bien sous tous les points (beau garçon et fortuné), à qui elle semble également plaire : Charles Bingley. Il s’est installé pour un temps inconnu dans une magnifique demeure voisine de celle des Bennet, pour la plus grande joie de Mrs Bennet qui ne demande qu’à marier ses filles. Fort malheureusement, le jeune homme est venu avec ses deux sœurs et son ami intime Mr Darcy et si les sœurs sont hautaines et suffisantes, la palme du « j’me la père grave » est décernée à Mr Darcy qui ne fait aucun effort pour paraitre un tant soit peu aimable.

famille bennet.jpg

Romance

Jane Austen, si elle n’a elle même jamais été mariée, prend un malin plaisir à rendre ses personnages le plus heureux possible en amour. Bien sur, ils vivent des situations difficiles et tout n’est pas rose, mais sinon, ce ne serait pas un roman palpitant, si ? Les personnages sont haït puis aimé (ou l’inverse), on tremble en même temps que Jane à la réception d’une lettre, on a honte des rires (pas discrets) de Lydia et de son amour pour les officiers.

charles et jane.jpg

Ironie

Si la romance est clairement le thème principal de l’œuvre, et que rien n’est fondamentalement remis en question quant au rôle de la femme, ou même celui de l’homme, on voit que Jane Austen, au travers de ses personnages, tourne en ridicule un bon nombre de situations et questionne avec humour, et parfois cynisme, les mœurs de son époque. On se demande souvent où se trouve la limite, entre l’humour et le sérieux, et après réflexion, on pourrait se demander si l’ironie n’est pas beaucoup plus présente que ce qu’on peut percevoir initialement.

gif.gif

Histoire (et histoire)

Ce n’est pas le but du roman, que d’être historique (quoiqu’on peut se poser la question de savoir si le but de chaque roman parlant de son époque n’est pas par nature d’être historique), mais il le devient évidemment. C’est une fenêtre découpée dans la vie de ces ladys et gentlemans de 1800, et on découvre un peu d’Histoire en même temps que l’histoire. Le fait que Jane Austen ait écrit ces romans les rend encore plus précieux car vivre de sa plume pour une femme à cette époque était très mal vu. En effet, si une femme doit avoir un brin d’esprit pour briller en société, il ne faut pas trop qu’elle le développe ou du moins qu’elle ait la décence de ne pas s’en vanter.

série soeurs

Le film (2005)

J’ai aimé « ça va » Orgueil et préjugés, le film qui est sorti en 2006. Il a été réalisé par Joe Wright.

Elizabeth Bennet est jouée par Keira Knightley et je savais à l’avance les expressions qu’elle allait avoir à quel moment sans même avoir vu le film ; son personnage est un peu trop modernisé dans ses réactions, ce qui la rend (trop) hors de son temps (voulu?). L’acteur Matthew Macfadyen qui joue monsieur Darcy est touchant dans son interprétation. Les décors et les costumes sont beaux et bien réalisés, mais loin de ce à quoi je m’attendais pour un film, car ils insistent sur le côté pittoresque et campagnard (robes marrons aux coupes libres, cheveux lâchés et en bataille (frange!), herbes aromatiques partout…) alors que j’imaginais les intérieurs et tenues plus riches et plus proprets. Les autres défauts découlent du peu de temps qu’à le film pour installer son histoire : personnages qui disparaissent, scènes simplifiées, rapidité dans les événements… C’est quand même une adaptation pas si mal (et un bon film romantique en tant que tel) qui insiste sur la romance plus que sur les autres sujets potentiels de l’œuvre originale.

La série (1995)

J’ai AIMÉ Orgueils et préjugés, la série qui est sortie en 1995 et qui a été réalisée par Simon Langton (comme Tate dans AHS).

J’ai adoré cette série, elle représente exactement ce que j’avais en tête en lisant le livre ! Elle prend son temps (le format « série » le permet), les personnages sont posés et réfléchis, et les décors sont fabuleux. Mr Darcy est joué par Collin Firth (et ça c’est cool), et Elizabeth est jouée par une actrice inconnue pour moi jusque là : Jennifer Ehle mais qui fait « d’époque ». C’est très fidèle au livre, et ça rajoute même quelques passages explicatifs dans un ordre différent de celui du roman, nous permettant de mieux comprendre certaines situations. Il y a 6 épisodes d’environ 50 minutes et si vous n’aimez pas lire mais que voulez vous la péter en soirée, regardez la ; comme ça, vous pourrez faire semblant de faire référence au bouquin : des passages entiers y sont cités.

série lizzy et darcy

Conclusion

Quelle œuvre que Orgueil et Préjugés. Il existe encore une myriade d’adaptations cinématographiques, de suites littéraires (etc) que je n’ai pas encore vues ni lues, néanmoins, quand on s’intéresse un tant soi peu à son contexte, à son autrice et à son sens profond, on découvre une œuvre complexe et fascinante, reflet d’une époque et d’une femme (Jane Austen).

One Reply to “Orgueil et Préjugés : romance, ironie et Histoire.”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.